La Naissance des Fissures du Monde

Tout est parti d’un matin ordinaire. La lumière était douce, la maison calme, le monde semblait encore tenir debout, comme si demain allait naturellement ressembler à hier.

Et pourtant quelque chose, dans l’air, avait changé de nature. Pas un drame. Pas une rupture nette. Cette sensation, progressive et étrange, que quelque chose se déplaçait sous nos pieds sans que personne ne le nomme. Je n’avais plus les mots. Alors j’ai écrit, non pour expliquer, mais pour ne pas rester seul devant ce que je voyais. Et je l’ai écrit pour mes petits-enfants, parce que les enfants ne lisent pas les traités. Il fallait une maison, une famille, une histoire.

En chemin, ce n’est pas moi qui ai trouvé la phrase du livre : c’est une enfant de huit ans, dans le récit, qui la dit. J’ai compris que je n’écrivais plus ce que je savais.

J’écrivais ce que j’avais vécu.

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